Portrait de Juliette Récamier, née Bernard (1777-1849)

François Gérard (1770 - 1837)

    • 19e siècle
    • Peinture
    • Achat en vente publique
    • P1581

Icône, tout à la fois muse, commanditaire, modèle et collectionneuse, Juliette Récamier est une des femmes les plus représentées de son temps. Avec son époux elle s’installe dans le quartier de la Chaussée-d’Antin et fait le choix de la modernité pour l’aménagement de son hôtel particulier de la rue du Mont-Blanc. Elle y donne de nombreuses fêtes, tient un salon réputé qu’elle anime avec brio et où se réunit tout ce que la capitale compte d’artistes et d’intellectuels. Juliette Récamier devient l’épicentre de la vie mondaine des premières décennies du 19e siècle.

En 1801, elle commande ce portrait à François Gérard qui est très vite considéré comme l’un des chefs-d’œuvre du peintre. Il projette d’abord de la représenter nue en pied avant de privilégier cette composition plus sage. Il la montre sous un aspect que les femmes les plus en vue de l’époque se disputent alors, en matière de portrait : assise sur un siège à l’antique, vêtue d’une robe blanche, à la mode du moment, dite « à la grecque » qui souligne le corps, et portant un châle de couleur vive. Dans son traitement, l’œuvre témoigne de la délicatesse des traits et du charme alors unanimement reconnus de Juliette Récamier.

Le portrait satisfait pleinement sa commanditaire qui va décider, avant même de le donner au Prince Auguste de Prusse en 1822, de le diffuser largement par le biais de la gravure. Elle portera d’ailleurs une grande attention à l’exécution du dessin préparatoire à la gravure comme l’atteste sa correspondance à ce sujet avec François Gérard.