Paris à l’arraché Jacques Villeglé et l’art urbain
75003 Paris
Ouverture de l'exposition du mardi au dimanche de 10h à 17h45.
Dernière entrée dans l'exposition à 16h45.
Fermeture le lundi et certains jours fériés.
Plein tarif : 15 €
Tarif réduit : 13 €
Réductions et gratuités
À l’occasion du centenaire de la naissance de Jacques Villeglé (27 mars 1926, Quimper – 6 juin 2022, Paris), le Musée Carnavalet – Histoire de Paris présente l’exposition Paris à l’arraché. Jacques Villeglé et l’art urbain.
Artiste majeur de la scène française, Jacques Villeglé développe une démarche singulière caractérisée par le prélèvement d’affiches dans l’espace urbain. À travers ces fragments arrachés des murs de Paris, il transforme les traces éphémères de la ville en un langage visuel unique, à la fois poétique et documentaire. Son œuvre foisonnante invite à la découverte de l’histoire de la ville au travers d’affiches lacérées ou de signes graphiques qu’il recompose. Elle permet également d’explorer ses liens avec les multiples expressions de l’art urbain contemporain.
L’exposition s’organise sous la forme d’un cheminement entre des ensembles structurés par la vision de Jacques Villeglé, recueillie dans ses textes. Ses œuvres sont mises en regard avec des photographies, des archives sonores, musiques, extraits de films, interviews et témoignages, parmi lesquels de nombreux documents inédits.
Le parcours de l’exposition débute avec l’installation à Paris de Jacques Mahé de La Villeglé, en 1950. Il gravite alors autour de cercles d’artistes et de poètes avec lesquels il partage le goût de l’observation dans les rues de Paris et des formes de beauté marginales offertes par la ville. Les affiches font partie intégrante du paysage de la capitale, sur les boulevards et aux coins des rues. Interpelé par leurs éclats de couleurs sur les façades sombres du Paris d’après-guerre, Villeglé, « flâneur aux palissades » revendiqué, se montre particulièrement sensible aux affiches superposées et lacérées.
L’exposition s’intéresse à sa pratique située à la croisée de la poésie et de l’archéologie urbaine. Paris est pour lui un atelier à ciel ouvert, où chaque mur recèle une œuvre en devenir. Les déambulations de Villeglé invitent à traverser quatre quartiers dans lesquels il a particulièrement prélevé, de la porte Maillot à Saint-Germain-des-Prés, en passant par le quartier du Montparnasse et enfin du Marais. L’exposition révèle également la dimension historique de l’œuvre de Villeglé qui capte de véritables instantanés de l’espace urbain d’une époque. Ces affichages évoquent le contexte politique, les luttes et mobilisations, les élections, locales ou nationales : les rues de Paris sont le reflet d’une société traversée par de multiples secousses. En prélevant ces affiches qu’il date et situe, Jacques Villeglé, qui se décrit volontiers comme un « historien releveur », recueille un matériau qui garde la mémoire des soubresauts de l’histoire et des bouleversements du monde.
La dernière partie du parcours explore les liens de Villeglé avec la scène de l’art urbain contemporain. Il va se lier et collaborer avec plusieurs artistes urbains, tels que Lek & Sowat. Parfois considéré comme une figure tutélaire, Jacques Villeglé tempère et s’en amuse : là où les street artistes ajoutent des éléments dans les rues, lui a passé sa vie à en retirer. « Je fais exactement le contraire des artistes du street art. Mais comme ils travaillent dans la rue, comme moi, on s’est entendus. Moi je prends l’œuvre dans la rue toute faite et je la ramène à l’atelier et eux ils vont dans la rue pour ajouter quelque chose ». Jacques Villeglé continue aujourd’hui encore d’inspirer les artistes qui font de la rue leur galerie et dont plusieurs projets sont exposés au côté de ses œuvres.
Un ouvrage comprenant les essais des commissaires, des membres du comité scientifique et de plusieurs spécialistes est publié aux Éditions Paris Musées.
COMMISSARIAT GENERAL
Valérie Guillaume, conservatrice générale, directrice du musée Carnavalet - Histoire de Paris
COMMISSARIAT SCIENTIFIQUE
Émilie Gandon, conservatrice en chef du patrimoine, responsable du département des sculptures et du patrimoine architectural et urbain au musée Carnavalet – Histoire de Paris
Jennifer Heim, attachée de conservation du patrimoine, responsable des affiches, imprimés et papiers peints au Cabinet des arts graphiques du musée Carnavalet – Histoire de Paris
COMITÉ SCIENTIFIQUE
Antoine de Baecque, professeur à l’École normale supérieure – nouvelle chaire Street ART(s) ENS/Renault
Sophie Duplaix, conservatrice en chef du patrimoine en charge des collections contemporaines au Musée national d’Art moderne / Centre Pompidou
Charlotte Guichard, professeure d’histoire de l’art à l’École normale supérieure – nouvelle chaire Street ART(s) ENS/Renault
Nicolas Gzeley, membre du conseil d’administration de la Fédération de l’Art Urbain et président du conseil scientifique et artistique Centre Arcanes, centre national des archives numériques de l’art urbain
Patrick Marcolini, maître de conférences en philosophie de l’art à l’université Paul-Valéry, Montpellier 3
Fanny Schulmann, conservatrice au Musée d’Art Moderne de Paris
Valérie Villeglé, fille de Jacques Villeglé, en charge du comité scientifique du Fonds de dotation Villeglé