Au sein des pratiques archéologiques, l’archéologie urbaine occupe une place particulière. Son déploiement dans des espaces parfois densément construits, soumises à des contraintes techniques, foncières et économiques, elle se distingue des interventions menées en milieu rural ou inoccupés. L’archéologue dans la ville se voit ainsi intervenir dans des contextes complexes.
Cette conférence propose de réfléchir aux spécificités de l’archéologie dans la vile et aux défis qu’elle soulève. Quelles sont les pratiques distinctives de l’archéologue dans la ville ? Comment interviennent-ils dans des lieux en transformation ? Quels sont les impacts des contraintes tant économiques qu’institutionnelles sur la recherche et la conservation des vestiges ?
Au-delà des questions techniques, la conférence veut aborder les relations entre l’archéologie, les institutions, les collectivités territoriales et les citoyens. Les découvertes réalisées en ville suscitent souvent des réactions contrastées : certains s’étonnent que des vestiges subsistent encore sous les centres urbains, tandis que d’autres considèrent leur présence comme une évidence. Les enjeux de médiation et de valorisation seront ainsi au cœur de la réflexion, à travers des exemples d’actions destinées à favoriser l’appropriation du patrimoine par les habitants.
Enfin, cette rencontre sera l’occasion de s’interroger sur la place de la recherche archéologique dans les villes contemporaines. Dans des contextes où l’archéologie préventive domine largement les interventions, quelles marges existent encore pour développer des programmes de recherche de long terme et renouveler notre compréhension de l’histoire urbaine ?
Les intervenants
Laure Barthet
Après avoir exercé des fonctions de direction du patrimoine en Loire-Atlantique puis à Narbonne, Laure Barthet est aujourd’hui conservatrice en chef du patrimoine, spécialisée en archéologie, et directrice du Musée Saint-Raymond à Toulouse. Elle y pilote une programmation d’expositions reconnues d’intérêt national, notamment Wisigoths (2020), Mithra (2022) et "Cathares" (2024). Elle développe également des projets d’histoire vivante et d’archéologie expérimentale, in situ et hors les murs. Ses recherches personnelles portent sur les aspects militaires de la croisade contre les Albigeois ainsi que sur l’archéologie du costume tardo-antique et médiéval. Parallèlement, elle achève une thèse consacrée au siège de Montségur (1243-1244).
Julien Avinain
Archéologue antiquisant et chef du pôle archéologique de la Ville de Paris depuis 2019, Julien Avinain a commencé sa carrière à l’Inrap avant d’intégrer le pôle archéologique de la Ville de Paris en 2013. Il a dirigé des fouilles en contexte urbain à Lagny-sur-Marne puis à Paris et a piloté le projet collectif R&CAP pour une nouvelle carte archéologique de Paris de 2017 à 2024. Dans ce cadre, une importante entreprise de numérisation et d’exploitation des papiers Vacquer a été conduite en lien avec la bibliothèque historique de la Ville de Paris. Membre de l’équipe GAMMA au sein de l’UMR 7041, il participe en tant que membre du comité de pilotage au consortium Projets Time Machine depuis sa création. (La collaboration avec ce consortium a permis en particulier la mise en place d’une application cartographique pour la carte archéologique de Paris et une structuration des données dans Nakala ou la Fabrique Numérique du Passé.)
Agnès Lascaux
Diplômée de l'Ecole du Louvre et de Sciences Po Paris, Agnès Lascaux est formée à l'Institut National du Patrimoine avant de rejoindre le service régional de l'archéologie de la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC) de Bourgogne Franche-Comté. Elle est alors chargée de suivre les dossiers d'archéologie préventive sur le Territoire de Belfort et une partie du Doubs. Depuis janvier 2026 au musée Carnavalet - Histoire de Paris, elle est en charge des collections archéologiques et du site de la crypte archéologique de l'île de la Cité.
Stéphane Deschamps
Stéphane Deschamps est actuellement conservateur régional de l'archéologie en Ile de France après avoir occupé cette fonction en Bretagne. Il suit donc les chantiers connus ou moins connus de ces dernières années à Paris et en région parisienne. Il est très sensible aux questions de conservation et d'étude et s'est lancé dans un vaste programme de récolement des vestiges archéologiques depuis les développements de l'archéologie préventive. Spécialiste de l'Antiquité, il conduit des fouilles en Arménie depuis de nombreuses années.
Cycle de conférences « L’archéologie dans la cité »
Ce cycle, créé en 2021 par Anne Lehoërff, professeur des universités sur la chaire Inex « Archéologie et patrimoine » (CY Cergy Paris Université, UMR 9022 Héritages : Culture/s, Patrimoine/s, Création/s), comporte trois conférences annuelles. Ces dernières s’organisent autour de thèmes variés, selon des formules de débat différentes à chaque fois mais toujours paritaires (hommes/femmes) et toujours associant des professionnels de l’archéologie à d’autres acteurs impliqués dans ce domaine ou dans des domaines connexes (anthropologie, médecine, architecture, aménagement du territoire, etc.). L’objectif du cycle est de mettre en avant le lien entre l’archéologie et la société, entre les enjeux de science et les enjeux citoyens.
Cycle de conférences organisé en partenariat par l’université CY Cergy Paris Université, l’Institut national du patrimoine, le musée de l'Homme, le musée d’Archéologie nationale, le musée du quai Branly-Jacques Chirac, le musée national de la Marine.