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Un café dit l'Absinthe

Un café dit l'Absinthe

Jean Béraud
Saint-Pétersbourg, 1849 - Paris, 1935

Musée Carnavalet - Histoire de Paris
1909
Huile sur toile
Hauteur: 0,545 Longueur: 0,655

Une scolarité toute classique et des études juridiques achevées en 1870, semblaient destiner Béraud à une carrière d’homme de  loi. Sa véritable vocation était pourtant la peinture et il entra dans l’atelier de Bonnat, abandonnant bientôt définitivement le monde du droit. Ses premiers envois au Salon, à partir de 1873, furent des portraits, mais dès 1876 apparurent les scènes de genre qui allaient établir sa renommée. Jusqu’à sa mort, en 1935,  il présenta régulièrement au public ces petites scènes prises sur le vif, au naturalisme un peu naïf, qui assirent rapidement une réputation qu’aucun des bouleversements des avant-gardes picturales ne devait altérer. Si l’on cherche à illustrer la vie parisienne au tournant de siècle , celle des boulevards, des cafés et des théâtres, celle des promenades élégantes, des restaurants à la mode et de champs de courses, c’est immédiatement à Béraud que l’on pense tant ses minutieuses compositions semblent synthétiser tous les caractères de ce qu’il est convenu d’appeler la Belle Epoque. Le monde élégant occupe certes une place de choisie dans son œuvre, mais nullement exclusive, et c’est en fait toute la société de son temps qui s’y retrouve observée et décrite avec acuité. On trouve souvent des séries dans son œuvre qui exploitent un thème choisi ; parmi celles-ci, celle des cafés est l’une des plus abondantes – bien qu’absente jusque là des collections du musée-, et l’on connaît plus d’une vingtaine de compositions sur ce thème,  presque toutes peintes entre 1908 et 1910 pour le marchand Bernheim-Jeune qui diffusait l’œuvre de l’artiste. Elles montrent généralement deux ou trois personnages attablés autour d’un verre d’absinthe ; le plus souvent les modèles masculins, qui semblent issus du monde interlope des cafés montmartrois, présentent des mines patibulaires et paraissent engagés dans des discussions suspectes ou dans d’interminables parties de trictrac aux enjeux obscurs, tandis que leur compagne, au statut équivoque, les attend avec une résignation ennuyée. C’est le cas dans l’Absinthe.  L’autre tableau, peint sensiblement plus tôt, fait exception à cette série en prenant pour modèle deux paisibles bourgeois, même si l’attitude de la femme qui les accompagne – elle se peint les lèvres au rouge- la désigne comme une cocotte.

Auteur de la notice : Jean-Marie Bruson et Christophe Leribault
Salle : S137 Mezzanine Béraud
Collection : Peintures
Marques Inscriptions Poinçons : Au recto du tableau, en bas à droite
Mode d'acquisition : Donation
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© Musée Cernuschi