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L'hôtel Le Peletier de Saint-Fargeau

En 1989, l’hôtel Le Peletier de Saint-Fargeau fut rattaché au musée. Ses salles accueillent les collections de la Révolution à nos jours. Attenante au bâtiment, l’orangerie présente depuis 2000 les collections archéologiques, qui s’étendent du Néolithique à la fin de l’Antiquité.

 
L’hôtel Le Peletier de Saint-Fargeau, situé au 29, rue de Sévigné, fut construit en 1688, sur les plans de Pierre Bullet (1639-1716), architecte du Roi et de la Ville, pour le compte de Michel Le Peletier de Souzy (1640-1725). Ce dernier, conseiller d’État et Intendant des finances, était le frère cadet de Claude Le Peletier de Morfontaine, qui fut prévôt des marchands (1668-1676) et devint contrôleur général des finances à la mort de Jean-Baptiste Colbert (1683).

 

Classique édifice entre cour et jardin, l’hôtel présente des façades de trois étages d’une extrême sobriété. Les seuls ornements qu’on rencontre dans la cour sont les agrafes à la clef des arcs en plein cintre des portes et fenêtres du rez-de-chaussée. Il règne une curieuse disparité entre la façade principale aux quatre travées très écartées et les façades latérales, aux travées plus rapprochées et régulières, qui suggère que Bullet a probablement réutilisé des éléments de l’édifice précédent lors de la reconstruction de l’hôtel. La façade sur jardin, très monumentale, est beaucoup plus large, avec ses dix travées, que celle sur cour. Un pavillon central de deux travées, en très faible saillie, s’agrémente d’un fronton orné d’une figure du Temps sous les traits de « Saturne tenant d’une main sa faux, ayant à ses pieds une horloge de sable et s’appuyant sur une colonne brisée où l’on a tracé les heures pour servir de cadrant. » Perpendiculaire à la façade s’étend l’orangerie, bâtiment d’un étage surmonté d’un comble brisé, éclairé par treize fenêtres. La porte-fenêtre centrale est surmontée d’un fronton où une figure de la Vérité fait écho au Temps de la façade principale. Ces deux hauts-reliefs sont attribués à Laurent Magnier (1615-1700).

Du décor intérieur d’origine de l’hôtel, seuls subsistent l’escalier d’honneur, avec sa rampe en fonte, premier exemple connu, en France, de l’utilisation à grande échelle de cette technique toute nouvelle à la fin du XVIIe siècle, et un rare cabinet de miroirs qui témoigne de la richesse et du faste du constructeur de l’hôtel.



Un "martyr" de la Révolution
Le plus connu des occupants de l’hôtel est sans contredit Louis-Michel Le Peletier de Saint-Fargeau (1760-1793), arrière-petit-fils de Michel Le Peletier de Souzy, qui hérita de la demeure en 1779. Député de la noblesse aux États généraux, il rejoignit le Tiers État dès le mois de juillet 1789. Il fut dès lors l’un des plus ardents défenseurs de la cause du peuple. Député de l’Yonne sous la Convention, il vota pour la mort de Louis XVI, le 20 janvier 1793. Le soir même, alors qu’il dînait dans un restaurant du Palais-Royal, il fut poignardé par un ancien garde du corps du roi, Philippe de Pâris ; transporté dans sa demeure, il allait y mourir au matin du 21 janvier, quelques heures avant l’exécution du roi. La Nation le déclara alors « martyr de la Liberté » et des funérailles grandioses, orchestrées par le peintre Louis David, furent organisées, avant son transfert au Panthéon. Il allait former, avec Jean-Paul Marat, assassiné le 13 juillet 1793 et Marie-Joseph Chalier, exécuté le 17 juillet suivant, la triade des « martyrs de la Révolution », objet d’un culte officiel pendant la période de la Terreur.

La fille du conventionnel régicide, Suzanne, épouse de son cousin, Léon Le Peletier de Morfontaine, vendit l’hôtel, qu’elle n’habitait plus, en 1811. Il passa ensuite en diverses mains et fut occupé successivement par plusieurs institutions d’enseignement, puis, en 1863, par la Compagnie générale de la poste aux paquets et des transports internationaux. En 1895, l’hôtel fut acquis par la Ville de Paris pour y installer la Bibliothèque historique qui, depuis 1872, cohabitait avec les collections historique municipales à l’hôtel Carnavalet. Le déménagement se fit entre 1896 et 1898.


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Crédit photographique: Escalier d'honneur de l'hotel le Peletier de Saint-Fargeau © DAC - Antoine Dumont