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Le temple d’Angkor Vat reconstitué à l’exposition coloniale de Paris

Le temple d’Angkor Vat reconstitué à l’exposition coloniale de Paris

Anonyme

Musée Carnavalet - Histoire de Paris
1931
Stéréoscopie négatif sur verre, émulsion au gélatino-bromure d'argent
Hauteur : 5,9 cm. Largeur : 12,9 cm.
PH 19407

C’est pour apprendre aux Français à « penser impérialement » que fut organisée à Paris en 1931 une Exposition coloniale internationale dont le commissariat fut confié au maréchal Lyautey, le pacificateur du Maroc. Le 6 mai, dans son discours inaugural, Paul Reynaud, ministre des Colonies, donna son sens à la manifestation : « Le but essentiel de l’exposition est de donner aux Français conscience de leur empire... Il faut que chacun d’entre nous se sente citoyen de la plus grande France, celle des cinq parties du monde. »

L’exposition se tint au bois de Vincennes, autour du lac Daumesnil, de mai à novembre 1931. Près de l’entrée, Albert Laprade, architecte du protectorat français au Maroc, éleva le Musée des Colonies de la Porte Dorée, la plus imposante construction élevée à Paris depuis l’exposition de 1900.

Parmi les édifices provisoires élevés pour l’exposition, les plus remarquables étaient le palais de l’Afrique occidentale française, inspiré de la grande mosquée de Djenné, et la reconstitution du temple d’Angkor Vat : ce dernier occupait 10 % de la superficie totale de l’exposition.

« Angkor Vat, tel que nous le présente aujourd’hui le bois de Vincennes, écrivait en 1931 l’orientaliste Gilberte de Coral-Rémusat, ne manque pas d’une certaine grandeur. Ceux qui ne connaissent pas le véritable Angkor sont impressionnés par la majesté des cinq dômes qui se profilent sur le ciel ; une reconstitution discutable les a, par malheur, agrémentés de flèches effilées comme on en trouve au sommet des pagodes siamoises modernes. L’édifice élevé qui se dresse à l’extrémité de la chaussée de pierre correspond au massif central du temple original. L’ensemble des enceintes concentriques, les cours tantôt dallées tantôt gazonnées, les longues galeries de bas-reliefs, les bassins extérieurs et enfin l’immense clôture entourée de vastes douves n’ont pu trouver place aux portes de Paris. Abordons cependant l’escalier qui monte au sanctuaire : pour en faciliter l’usage au public, sa pente a été considérablement adoucie. Au Cambodge, la brusque élévation des degrés confère au gigantesque soubassement une écrasante majesté. Gravissant les larges marches que l’on nous offre, passons entre les lions qui se cambrent sur les échiffres. Admirons l’harmonieux déploiement des toitures dont une patine heureuse rend assez fidèlement les reflets amarante. »

Auteur de la notice : Thierry Sarmant
Collection : Photographies
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© Musée Cernuschi