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La fête de la Fédération le 14 juillet 1790, au Champ-de-Mars

La fête de la Fédération le 14 juillet 1790, au Champ-de-Mars

Charles Thévenin
(1764 - 1838)

Musée Carnavalet - Histoire de Paris
1796
Huile sur toile
Hauteur: 127 cm Longueur: 183 cm
P 2342

L'année 1789 avait été particulièrement riche en événements. En moins de quatre mois, l'édifice de l'Ancien Régime s'était écroulé et le roi avait, sous la contrainte, fixé sa résidence dans la capitale. Au regard de « l'année sans pareille » (L. S. Mercier), 1790 offre, en apparence, une image moins mouvementée, la fête de la Fédération ayant tendance à éclipser le reste de l'actualité. Fixée au 14 juillet, anniversaire de la prise de la Bastille, elle visait surtout à rassembler les gardes nationales ainsi qu'à mettre en scène l'adhésion des Français et de leur roi au projet constitutionnel.
On avait aménagé le Champ-de-Mars, simple terrain de manœuvre pour les troupes, en un vaste cirque pouvant accueillir environ 400 000 personnes. Les deux extrémités présentaient, du côté de la Seine, un arc de triomphe ; à l'opposé, la tribune des officiels adossée à l'École militaire. Au centre de l'immense ellipse, un « autel de la Patrie » devait recevoir les célébrants de la messe, ainsi que les mille choristes et instrumentistes du Te Deum composé par Gossec pour la circonstance; puis le serment solennel prononcé par La Fayette et repris par tous les assistants, serment de fidélité « à la Nation, à la Loi et au Roi ».
Le tableau de Thévenin montre l'engagement de Louis XVI, mais surtout l'effervescence d'une foule enivrée par les bons sentiments, le bruit des canons, la musique. Sur la droite, les députés font un peu triste figure à côté de cette joie exubérante. Dans leur sage alignement, on reconnaît Mirabeau, Barnave, le duc d'Orléans ou encore Robespierre. Ce qui a surtout intéressé Thévenin, c'est le foisonnement d'uniformes et de drapeaux de la garde nationale dont le chef, La Fayette, fut le héros du jour. On le voit sur les marches conduisant au trône du roi, après avoir traversé à cheval l'allée des porte-étendards.
Très peu de femmes sont présentes dans le tableau: on n'en compte que trois (la reine comprise), épouses et mères selon le rôle que leur réserve la mentalité du temps... On notera enfin le ciel sombre, rappel du temps qu'il fit ce jour-là, mais qui ne put atténuer l'euphorie. Le soir du 14, et les jours suivants, la fête se prolongea par des bals, des feux d'artifice et des joutes nautiques.

Auteur de la notice : Philippe de Carbonnières
Salle : Salle 103
Collection : Peintures
Marques Inscriptions Poinçons : Au recto, en bas à gauche, signé et daté : "C. Thevenin / l'an 4ème de la liberté".
Mode d'acquisition : Achat en 1988
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