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La Bastille dans les premiers jours de sa démolition

La Bastille dans les premiers jours de sa démolition

Hubert Robert
(1733 -1808)

Musée Carnavalet - Histoire de Paris
1789
Huile sur toile
Hauteur: 77 cm x Longueur: 114 cm
P 1476

En 1770, L. S. Mercier, dans son ouvrage futuriste, L'an 2440, ou rêve s'il en fut jamais, avait imaginé la destruction de la Bastille. Cette prison d'État symbolisait l'absolutisme royal, bien que les lettres de cachet eussent été abolies en 1785. Mais jusqu'à cette date, elles avaient permis l'incarcération sans jugement de quiconque déplaisait au pouvoir. Cependant, la Bastille coûtait cher et la monarchie avait envisagé de la détruire; aussi, dès le lendemain de sa prise par les Parisiens, sa démolition fut-elle décidée et confiée à l'entrepreneur Palloy. Elle commença dans l'enthousiasme et fut menée bon train, avec parfois quelque démagogie, de nombreux bénévoles aidant les ouvriers. Fin 1789, la Bastille n'existait plus.


Beaucoup d'artistes ont représenté de manière diverse cette destruction. Elle revêt, avec Hubert Robert, une dimension à la fois colossale et emblématique. Cet artiste s'était fait une spécialité des paysages montrant des vestiges, réels ou fictifs, de l'Antiquité, reflets d'un goût nostalgique fort répandu alors, dans la littérature ou les jardins. Chroniqueur également des chantiers parisiens, dont plusieurs démolitions (certaines exposées à Carnavalet), il était le peintre idéal de la "ruine" de la Bastille, à laquelle il donne des proportions gigantesques. En réalité, la prison forteresse était moins haute que dans le tableau. Cette hypertrophie est voulue, et son effet renforcé symboliquement par une construction savamment contrastée et une géniale utilisation de l'éclairage. L'alternance de zones sombres et claires suggère l'idée des ténèbres chassées par l'aube rayonnante d'un jour nouveau. Ce vocabulaire iconographique se situe parfaitement dans l'esprit du temps, la poésie de l'ombre et de la lumière étant, par exemple, l'une des images favorites de la franc-maçonnerie. Ce tableau, plus encore que la représentation d'un «événement», est un objet de méditation.

Auteur de la notice : Philippe de Carbonnières
Salle : Salle 102
Collection : Peintures
Mode d'acquisition : Don de la Société des amis de Carnavalet, en 1929
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© Musée Cernuschi