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La place de l’Hôtel de Ville, le 31 juillet 1830, à l’arrivée du duc d’Orléans

La place de l’Hôtel de Ville, le 31 juillet 1830, à l’arrivée du duc d’Orléans

Pierre Louis Foulley

Musée Carnavalet - Histoire de Paris
Maquette
Hauteur : 0,63 m ; Largeur : 1,79m ; Longueur : 2,41m
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La place de l’Hôtel de Ville, le 31 juillet 1830, à l’arrivée du duc d’Orléans

Dès le Moyen-âge, l’hôtel de ville appelé la maison aux piliers, était le lieu de réunion de la municipalité parisienne, le corps de ville, et de ses échevins issus de la corporation des marchands ayant le privilège des transports fluviaux, avec à leur tête le prévôt des marchands.  Devant le bâtiment, la place de Grève, descendait vers la Seine. C’était le port de Paris qui assurait l’approvisionnement, en bois, en céréales, en vin, où les journaliers attendaient l’embauche, l’endroit le plus animé, où s’échangeaient nouvelles et rumeurs. La construction d’un quai en 1675, donna à la place la physionomie qu’elle devait garder jusqu’aux travaux du milieu de XIXe siècle. Vie quotidienne et événements exceptionnels s’y mêlaient. C’était sur la place de Grève qu’eurent lieu les exécutions capitales les plus importantes de l’Ancien régime : celles des guerres de religions, celles des régicides, Ravaillac puis Damien, de Cartouche et de sa bande. Le pilori y était dressé en permanence. Sur la place étaient aussi organisées les réjouissances populaires : feux de la Saint-Jean, réception des souverains… A partir de 1789 le rôle politique du lieu s’accentua ; en 1792 la guillotine y fut dressée, les journées de thermidor an II y causèrent la chute de Robespierre et de ses partisans. En 1803, la place  prit le nom de place de l’Hôtel de Ville.

En 1830, l’Hôtel de Ville était encore celui construit par le Boccador à partir de 1533 et dont le chantier allait durer jusqu’au XVIIè siècle. Les 27, 28 et 29 juillet 1830, les Trois Glorieuses, après trois jours d’insurrection parisienne contre le gouvernement réactionnaire de Charles X, le roi abdiquait ; Louis-Philippe, duc d’Orléans, soutenu par les libéraux dont La Fayette, fut proclamé lieutenant-général du royaume le 31 juillet, avant de devenir Louis-Philippe 1er, roi des Français

En 1833, Pierre Foulley, ancien soldat de l’empire, et capitaine de la Garde nationale, entrepris de représenter l’arrivée du duc d’Orléans à l’Hôtel de Ville où La Fayette lui remit le drapeau tricolore, par un grand plan en relief de près de 3 mètres de profondeur, à l’échelle 1/83°, en bois polychrome, verre et étoffes. Prise du quai, la place est une scène de théâtre dont nous sommes les spectateurs. Des centaines de personnages, en sont  les témoins. Louis-Philippe à cheval avec son escorte, les deux chaises à porteurs dans lesquelles se trouvent Benjamin Constant et le banquier Laffitte, artisans avec Thiers de son accession au pouvoir, la garde nationale, les curieux à toutes les fenêtres des maisons, sont vues par l’œil du témoin que fut Foulley. Au fond de la place on aperçoit la tourelle gothique décrite par Victor Hugo dans Notre Dame de Paris. S’y ajoutent les nombreux commerces et les couleurs du Paris d’autrefois.

En 1863, l’auteur fit don de la maquette à Napoléon III, qui la déposa dans la galerie des plans en relief du musée de l’armée. Elle fut cédée au musée Carnavalet en 1907.

Auteur de la notice : Renée Davray-Piékolek
Salle : Juillet 1830 (salle 119)
Collection : Maquettes et modèles d'architecture
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