+ TOUS LES MUSÉES DE LA VILLE DE PARIS

DéCOUVREZ LES 14 MUSéES DE LA VILLE DE PARIS

» Fermer

L’Opéra Comique, salle Favart, en 1887.

L’Opéra Comique, salle Favart, en 1887.

Jean-Louis Talagrand

Musée Carnavalet - Histoire de Paris
1888
Bois, tôle, fer polychromé
Hauteur : 60 cm ; largeur : 70 cm ; longueur : 125 cm
Pm 25

Le feu est le pire ennemi des théâtres. L’incendie de l’Opéra-comique le 25 mai 1887, détruisit entièrement la deuxième salle Favart et fit 84 morts.  La  première salle Favart avait déjà subi un incendie en 1838,  mais  le théâtre avait pu rouvrir dès 1840. Louis Charpentier, avait dessiné une façade rappelant celle de la  première salle Favart, ouverte en 1783 sur un terrain pris sur une partie du jardin de l’hôtel de Choiseul, rue de Richelieu. A la reconstruction, Charpentier ne changea rien à l’orientation de la salle, coincée par l’immeuble mitoyen qui donnait sur le boulevard, mais il porta tous ses soins aux aménagements intérieurs et à la sécurité. L’emploi du fer et de la fonte, censés mieux résister au feu, permettait un espace dégagé et pouvait accueillir deux mille spectateurs dans une belle salle bleue. La salle spacieuse et les loges avaient empiété sur les dégagements pour lesquels on avait employé le bois. Le 25 mai 1887, lorsque l’incendie se déclara pendant le premier acte de Mignon, d’Ambroise Thomas, le feu ayant pris dans les décors, sa propagation fut rapide. Les spectateurs et le personnel de l’opéra coincés dans les étages supérieurs et les combles, furent dans l’impossibilité de se sauver : ils se trouvaient dans l’obscurité, l’éclairage au  gaz avait été coupé. C’est ainsi que disparut la deuxième salle Favart, qui vit  tant de créations, dont Carmen de Bizet en 1875, Les contes d’Hoffmann d’Offenbach en 1881 et Manon de Massenet en 1884.A la suite de l’incendie, il y eut procès. C’est à cette occasion que la maquette fut construite, pour être présentée au tribunal en tant qu’élément de l’enquête. Son image fut diffusée par la presse avec les comptes-rendus du procès. En bois et métal, elle est entièrement démontable par tranches ; la toiture est amovible et permet de voir l’intérieur de l’édifice, la scène, la salle et les dégagements, afin de comprendre le déroulement des faits ; Léon Carvalho (1825-1897), le directeur de l’opéra-comique, fut poursuivi et condamné à six mois de prison et deux cent francs d’amende. Il fut acquitté en appel.
L’affaire jugée, dès 1889 la Cour d’appel accepta la demande du musée Carnavalet qui réclamait la maquette en tant que document historique.

Auteur de la notice : Renée Davray-Piekolek
Collection : Maquettes et modèles d'architecture
  • 74184-29.jpg


© Musée Cernuschi