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Un amour de Paris

Un amour de Paris
  • Une institutrice et ses élèves, métro la Motte-Picquet-Grenelle, juin 1988, © Dorothy Bohm
Exposition

Un amour de Paris

Photographies de Dorothy Bohm

21 septembre - 11 décembre 2005

Le musée Carnavalet rend hommage à la photographe anglaise Dorothy Bohm dont la donation de plus de 150 de ses œuvres vient enrichir les collections sur Paris. Le public peut découvrir cet ensemble où s’exprime la relation privilégiée, pour ainsi dire amoureuse et quelque peu proustienne, entretenue pendant près de 60 ans par la photographe avec la capitale.

 

Ce lien, Dorothy Bohm le tisse au fil de fréquents séjours entre 1947 et nos jours, en symbiose avec l’évolution de la ville. Elle y parfait son style, d’abord en noir et blanc puis en couleur à partir de 1986. La photographe aime à déambuler au hasard des rues, le long des quais, dans les parcs et les jardins, s’imprégnant progressivement de l’atmosphère de Paris.

 

En noir et blanc, il est évident que sa manière se rapproche de la photographie humaniste d’après guerre, appartenance qu’elle admet aujourd’hui même si elle n’en avait pas conscience sur le moment. La sensibilité au quotidien, loin du sensationnel, la primauté de l’émotion sur le projet artistique, la rapprochent en effet de Willy Ronis, Édouard Boubat ou Marc Riboud.

 

À cela, Dorothy Bohm ajoute un regard très féminin, imprégné de douceur et de connivence avec ceux qu’elle met en image : «Ma photographie était un acte d’amour, l’émotion primait toujours, intuitive, sans préméditation. Je vivais cela intensément, choisissant les instants poétiques, mystérieux, transitoires, et uniquement lorsque la lumière me convenait.»

 

Au début des années 1980, elle se lance dans la photographie en couleur. Par rapport à sa production en noir et blanc, son style évolue radicalement tout en conservant une part de sa thématique : rue, reflets, enfants et passants en situation, détails de murs et devantures de boutiques, affiches déchirées. Mais le motif est cadré de façon plus serrée. Les compositions sont parfois presque abstraites, traduisant une réalité moins immédiate à comprendre. Son œuvre reste néanmoins toujours empreinte d’une forte dimension affective.

 

« J’ai constaté que la couleur requiert une autre sensibilité [que le noir et blanc]. Ce qui est réel, ce qui est imaginaire, irréel, se mélangent plus harmonieusement dans la couleur. Je peux donner libre cours à ma fantaisie; mes rêves prennent davantage leur essor! Mon œil, plus alerte, repère l’éclatement des couleurs là même où quelque chose d’inattendu advient. Je suis fortement attirée par le côté émotionnel des couleurs. C’est un langage différent de celui du noir et blanc. »

 

Ce langage renouvelé par la couleur traduit une étonnante aptitude à saisir la poésie du quotidien et à s’en émerveiller. Les œuvres présentées au musée Carnavalet en portent le témoignage, comme autant de mots d’amour pour une ville où l’artiste a vécu de si beaux moments, instants précieux que le public est aujourd’hui convié à partager.

Useful informations

COMMISSARIAT

Françoise Reynaud,

Conservatrice chargée

des collections photographiques

Lynne Woolfson,

Historienne de l’art