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Hommage aux donateurs

Hommage aux donateurs
  • Augusta Lebaron (1804- ?) Un marchand de coco, 1842
Exposition

Hommage aux donateurs

Dix ans de mécénat des amis du musée Carnavalet

8 juin - 5 septembre 2004

Mémorial de l’histoire de Paris, collection de beaux-arts, mais aussi musée sentimental présentant l’aspect d’une vaste demeure emplie de souvenirs, Carnavalet a toujours bénéficié de la générosité des amoureux de la capitale, Parisiens comme étrangers. Ces dix dernières années, plusieurs milliers d’œuvres sont ainsi entrées au musée par donation, illustrant un mouvement de générosité qu’il importait de mettre en valeur. L’exposition de 2004 prend la suite de celle de 1994 et récapitule les enrichissements de cette nouvelle décennie, mais elle ne comprend pas les acquisitions faites sur le budget de la Ville de Paris.

 

Derrière le nombre se cachent certes des séries entières de dessins, d’estampes, de cartes postales, de photographies, de monnaies, de pièces archéologiques ou d’objets souvenirs parfois modestes ; tous témoignent cependant de la vie parisienne, depuis les cartons de vitraux décoratifs jusqu’aux menus de brasserie. De ces pièces documentaires, l’exposition ne présente que des échantillons, non par méconnaissance de leur importance pour les historiens de Paris, mais pour des raisons de place et par souci de variété pour les visiteurs. De même, la magnifique collection de François-Gérard Seligmann, offerte par sa veuve, Mme Françoise Seligmann, ayant déjà été célébrée par une exposition particulière (Au temps de Marcel Proust, 2001), seul un choix restreint est présenté cette fois. Pour le fonds Lucien Jonas, don du fils de l’artiste, ne sont exposées que des œuvres nouvelles, offertes depuis l’exposition de 2003 (Lucien Jonas et le décor mural des Années 30 à Paris).

 

On découvrira néanmoins un nombre important d’œuvres inédites, telle une rare vue des quais par Jean-Baptiste Corot, léguée par une collectionneuse américaine, Miss Alice Tully et un très beau portrait d’enfant au pastel par Gervex. Dans un autre registre, d’émouvants souvenirs de Louis XVI et de Marie-Antoinette sont venus rejoindre les salles révolutionnaires du musée. Parmi les nombreuses photographies entrées dans les collections, on relève des noms aussi connus que Berenice Abbott, Ilse Bing, Irving Penn, Paul Strand ou Willy Ronis. Citons également parmi les artistes donateurs le graveur Erik Desmazières, auteur d’une impressionnante suite d’estampes sur les passages de Paris, ou les dons de descendants de sculpteurs des années 30 comme André Greck, Albert Chartier et Carlo Sarrabezolles. Pour les arts décoratifs, la restauration de l’ensemble des salles de boiseries du musée a certainement contribué à une vague de donations de meubles des XVIIe et
XVIIIe siècles.

 

C’est toutefois la Société des Amis du musée Carnavalet qui a permis, notamment grâce à sa recherche active de mécénat d’entreprise, l’acquisition du plus grand nombre d’œuvres. Ainsi, pour la peinture ancienne, le bel ensemble d’esquisses de décors parisiens a pu être complété avec des toiles concernant des monuments importants, de Claude Simpol pour le may de Notre-Dame de 1704, de Van Loo pour Notre-Dame des Victoires, d’Hippolyte Flandrin pour Saint-Germain-des-Prés ou de Pils pour l’Opéra Garnier. Le cabinet des arts graphiques a pu acquérir grâce à la Société des Amis des dessins aussi variés qu’une vue de la procession des reliques de sainte Geneviève par Sevin, des projets de l’architecte Barré pour divers hôtels particuliers du règne de Louis XVI, une représentation des « martyrs de Prairial » par Hennequin, une grande vue du palais du Roi de Rome par Fontaine ou encore des scènes de salons mondains fin-de-siècle par Régamey, tandis que le pionnier de la photographie Fox Talbot faisait son entrée avec une rarissime vue des boulevards datée de 1843. La numismatique comme les arts décoratifs ont aussi bénéficié de la générosité de la Société des Amis, parachevant ici la présentation du Salon Wendel par l’achat d’une pendule Art-Déco destinée à sa cheminée tandis qu’était complétée de manière spirituelle la salle des Encyclopédistes avec une autre pendule illustrant la dispute de Voltaire et de Rousseau…

 

C’est cependant à la conjonction de tous les modes d’acquisition que nous devons l’entrée du chef d’œuvre de cette décennie : le grand portrait de Madame Tallien par le baron Gérard. Ce sont les efforts financiers exceptionnels de la Ville de Paris, sur le budget général d’acquisition des musées, de la Société des Amis et de la regrettée baronne Elie de Rothschild, qui ont permis cette acquisition majeure. L’œuvre, dont la délicate restauration vient juste d’être achevée, sera au centre d’une prochaine exposition dédiée au Paris du Directoire et du Consulat en 2005. Mais elle figure ici pour la première fois, en hommage à la participation déterminante du mécénat dans la vie des collections.

Useful informations

COMMISSARIAT

Christophe Leribault,

Conservateur au musée Carnavalet

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