+ ALL CITY OF PARIS MUSEUMS

Discover all 14 City of Paris museums

» Fermer

Vue de l'hôtel de Valentinois, côté cour

Vue de l'hôtel de Valentinois, côté cour

Nicolas Pérignon
(c.1725-1782)

Musée Carnavalet - Histoire de Paris
c.1775-1780
Gouache sur papier vergé
Hauteur: 19,5 cm Longueur: 28,7 cm
D 16366

L’hôtel de Valentinois fut acquis en 1737 par le duc de Valentinois, prince de Monaco, qui en fit donation en 1749 à sa belle-fille, la comtesse de Valentinois. En 1774, celle-ci le légua au comte Jacques de Stainville qui le vendit en 1776 à Jacques Donatien Le Ray de Chaumont. L’hôtel était situé entre la rue des Francs-Bourgeois (actuelle rue Raynouard, des n° 64 à 70), la ruelle Saint-Pol (actuelle rue des Vignes) en bordure du château de Passy (ou de Boulainvilliers), la rue de l’Annonciation et  la rue Bois-le-Vent (devant le parc du château de la Muette, maison royale à l’orée du bois de Boulogne).

A l’invitation de Le Ray de Chaumont, Benjamin Franklin s’installa au printemps de 1777 à titre gracieux dans une dépendance de son hôtel. Le duc de Croÿ lui rendit visite: « le 1er mars, j’allais chez lui à Chaillot où il logeait à la petite maison du fond, ci-devant au prince de Monaco, où j’avais tant été dans ma jeunesse. M. de Chaumont occupait la grande et jolie maison, et ce petit réduit très modeste, mais commode, jouissant du superbe jardin et à proximité du Bois de Boulogne, avait été prêté ou loué à M. Franklin. On y arrive par Chaillot et une autre petite rue écartée [rue Bois–le-Vent] où il n’est pas aisé de le trouver, et tout s’y ressentait de la modestie économique du philosophe (Journal inédit du duc de Croÿ, 1718-1784).

Nommé ministre plénipotentiaire en 1779, Franklin s’établit dans une aile de l’hôtel, auprès de la famille Chaumont qui occupait l’autre aile, et paya un loyer. L’hôtel, cadre digne de la représentation d’un grand pays étranger, hébergea la première légation des Etats-Unis en France. « Le bâtiment consiste en deux ailes, terminées chacune par un belvédère, orné de balustrades de pierre et porté sur des colonnes d’ordre toscan. Il y a dans l’aile droite un salon orné de sculptures, des figures et de bustes. » (Antoine-Nicolas Dezallier d'Argenville, Voyage pittoresque des environs de Paris, ou Description des maisons royales, châteaux & autres lieux de plaisance, situés à quinze lieues aux environs de cette ville, 1779).
Clos de murs aux grilles de fer, l’édifice comportait un jardin de 7,5 hectares : « En face de la cour, vous montez par un escalier circulaire, dans un parterre de gazon de quatre pièces découpées, avec un bassin octogone. Ce parterre est bordé de deux belles allées de tilleuls taillés à l’Italienne. Au bout sont plusieurs petits carrés de gazon, entourés de charmilles et d’arbres en boule. Sur la droite est l’orangerie dont la serre est magnifique. Différents bâtiments contigus mènent à une galerie remplie de tableaux et de bustes, et terminée par un petit appartement à coucher. Au sortir de cette galerie on se trouve sur une superbe terrasse, qui tourne autour du potager, et s’élargit en deux endroits pour former des demi-lunes, dans l’une desquelles est une groupe de l’Enlèvement de Proserpine. La belle vue qu’on découvre de cette terrasse fait le plus grand mérite du jardin. » (Dezallier d'Argenville, op. cit.)

Auteur de la notice : Miriam Simon
Collection : Cabinet des arts graphiques
  • img16_vue_de_lhotel_de_valentinois_cote_cour.jpg


© Musée Cernuschi

Voir aussi