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Splendeur

Splendeur

Ernest-Ange Duez
Paris, 1843 - Saint-Germain-en-Laye,1896

Musée Carnavalet - Histoire de Paris
1874
Huile sur Toile
Hauteur: 136,00 cm Longueur: 57,50 cm

Elève d’Isidore Pils, Duez débuta au Salon de 1868 avec une Mater Dolorosa qui fut suivie, les années suivantes par des œuvres de genres variés, comme le Combat de Roland et Olivier (1869) ou le Déjeuner à l’atelier (1873). Son premier succès manifeste, il l’obtint au Salon de 1874 avec le diptyque Splendeur et Misère. Cette reconnaissance allait lui ouvrir la porte des commandes publiques et il partagea avec Georges Clairin, Ulysse Butin,  Eugène Thirion et Nicolas Escalier, la réalisation des panneaux décoratifs – allégorie des douze mois de l’année- de la Galerie du glacier à l’Opéra où il lui revint de traiter Novembre et Décembre. Il allait par la suite œuvrer pour la décoration des bâtiments de la Sorbonne (Virgile s’inspirant dans les bois, 1888), de l’Hôtel de Ville (La Botanique et la Physique, dessus de porte pour le Salon des Sciences, 1892) et de l’Assistance publique (L’heure de la tétée à la maternité, 1895). Il peignit aussi des portraits et quelques scènes de genre qui sont souvent très originales et frappantes, comme Au restaurant Le Doyen (1878), d’une étonnante audace de composition, ou comme le Café sur la Terrasse (présenté au Salon de la nationale de 1890), qui fut l’un des grands succès de sa carrière. La version de Splendeur présentée au Salon de 1874 est aujourd’hui conservée au musée des Arts décoratifs ; on ignore ce qu’est devenu son pendant Misère.

La répétition de Splendeur de la donation Seligmann atteste du succès obtenu par l’œuvre, tout comme la gravure à l’eau forte qui fut tirée par Duez lui-même (1878) ; mais la caricature du diptyque, par Bertall, publiée dans l’Illustration (1874), est encore davantage une marque de l’intérêt suscité par l’ouvrage. Les critiques de l’époque apprécièrent que l’artiste ait su éviter le ton édifiant que pouvait induire le sujet pour se contenir aux effets purement picturaux. Louis Gonse, dans la Gazette des Beaux-arts, commentait l’œuvre en ces termes : « N’insistons pas sur le côté littéraire, moral et philosophique, c’est-à-dire prétentieux et antipictural, du sujet lui même […] et ne considérons que la valeur pittoresque de la peinture […]. A droite c’est la lorette jeune, insolente, insouciante et tapageuse, une reine de la tribu des chignons rouges qui croit à l’éternité de ses vingt-deux printemps ; à gauche, en regard, c’est la lorette vieillie, ratatinée et sordide, qui promène sa misère en haillons et cherche en pâture dans l’inconnu sinistre de la fange et du ruisseau […]. Il était facile de glisser dans le cynisme de la satire. Le sujet étant admis, il faut reconnaître que M. Duez est resté élégant et bien élevé ; il a vu avant tout dans l’opposition de ces deux figures un motif de décoration. Il les a faites de grandeur naturelle, rapidement et à grands traits, comme des portraits. Pour la facture M. Duez appartient à l’école de M. Carolus-Duran, mais il cherche d’abord l’harmonie du ton. Il a des gris bleuissants, des noirs veloutés, des roux éteints, des verts sombres de la douceur la plus rare ; ses timbres s’associent d’une manière exquise, dans une sonorité discrète et concentrée. Les vêtements et les étoffes sont peints avec un brio ravissant. […] ».

Auteur de la notice : Jean-Marie Bruson et Christophe Leribault
Salle : Galerie de Liaison
Collection : Peintures
Marques Inscriptions Poinçons : Au revers du tableau, sur le châssis : "5657"
Mode d'acquisition : Donation
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