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Louis XVI (1754-1793)

Louis XVI (1754-1793)

Joseph Ducreux

Musée Carnavalet - Histoire de Paris
vers 1792
Fusain avec rehauts de craie sur papier gris
Hauteur: 49 cm Longueur: 30 cm
D 7108

La grande chance de la carrière de Joseph Ducreux fut d’être choisi, en 1769, pour aller faire, à Vienne, le portrait de l’archiduchesse Marie-Antoinette au moment où s’ouvrirent les négociations qui devaient se conclure par le mariage entre la princesse et le futur Louis XVI. Cet élève de La Tour et de Greuze, qui avait déjà acquis, comme portraitiste, une certaine notoriété dans la bourgeoisie parisienne, fit ainsi son entrée à la cour. En effet, arrivée à Versailles, la dauphine n’oublia pas celui qui avait été son premier lien avec la cour de France, et elle en fit l’un de ses peintres attitrés ; cette distinction lui valut aussitôt renom et commandes dans toute la société aristocratique, qui ne devaient pas cesser jusqu’à la Révolution. Curieusement, alors qu’il eût pu sembler gravement compromis par ses relations privilégiées avec la famille royale, il sut non seulement traverser toute la période révolutionnaire sans être inquiété, mais même devenir l’un des favoris des grands du moment, présentant à chaque Salon une série de portraits d’hommes politiques, comme ceux de Robespierre et de Couthon en 1793. C’est une autre surprise que de le voir dessiner au même moment des portraits du roi (outre celui présenté ici, il existe en effet au moins une autre version de ce portrait, qui fut montrée à Carnavalet en 1931, lors de l’exposition Paris et la Révolution, no 116) ; la tradition voudrait que le prototype de ces portraits ait été fait quelques jours avant l’exécution du souverain déchu, dans sa prison du Temple.

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Bien que le portrait du roi donne l’impression d’être « posé », on imagine pourtant mal le peintre, aussi protégé fût-il, réussissant à forcer la consigne rigoureuse qui devait entourer la famille royale ; il est plus raisonnable de penser que c’est durant son procès que Ducreux eut l’occasion d’approcher le roi et de faire les croquis qui lui permirent sans doute de réaliser le portrait achevé. Quoi qu’il en soit, ce « peintre consommé dans l’art d’observer les physionomies et d’en découvrir le secret », comme l’a décrit Charles Blanc, a su rendre ici avec acuité cette dignité résignée dont le malheur avait empreint le visage par ailleurs lourd, commun et sans séduction du roi ; celui-ci apparaît prématurément vieilli, mais aussi plein d’une grandeur que les effigies de sa jeunesse étaient loin d’exprimer.

Auteur de la notice : Jean-Marie Bruson
Salle : Cabinet des arts graphiques
Collection : Cabinet des arts graphiques
Mode d'acquisition : Acquis de M. Sortais en 1893
Référence(s)

La révolution française, Le premier empire, dessins du musée Carnavalet, édité par les amis du musée Carnavalet, 1988.

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