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Le secours du potage à Paris pendant la famine de 1709.

Le secours du potage à Paris pendant la famine de 1709.

André Le Roux

Musée Carnavalet - Histoire de Paris
1709
Eau-forte
Hauteur: 30,40 cm x Largeur: 20,20 cm
G 16774

Durant l’hiver 1708-1709, une vague de froid sans exemple s’abattit sur l’Europe. « Il prit subitement la veille des Rois, conte Saint-Simon, et fut près de deux mois au delà de tout souvenir. En quatre jours la Seine et toutes les autres rivières furent prises, et, ce qu’on n’avait jamais vu, la mer gela à porter le long des côtes. Les curieux observateurs prétendirent qu’il alla au degré où il se fait sentir au-delà de la Suède et du Danemark. Les tribunaux en furent fermés assez longtemps. Ce qui perdit tout et qui fit une année de famine en tout genre de productions de la terre, c’est qu’il dégela parfaitement sept ou huit jours, et que la gelée reprit subitement et aussi rudement qu’elle avait été. Elle dura moins, mais jusqu’aux arbres fruitiers et plusieurs autres fort durs, tout demeura gelé. »

En janvier 1709, le marquis de Sourches signale qu’on trouvait en divers endroits de Paris des personnes mortes de froid. En février, le froid fut si fort et la neige si épaisse qu’on renonça à faire la relève solennelle des gardes du corps dans la grande cour de Versailles. Le 2 février, pour les mêmes raisons, il fallut écourter la procession de l’ordre du Saint-Esprit. La hausse du prix du pain fit craindre des

émeutes dans Paris.

Le lieutenant général de police, Marc-René d’Argenson, réagit en faisant distribuer aux plus pauvres du pain à un prix réduit, à deux sols pour une livre de pain bis : « Nous avons du pain à deux sols pour les pauvres, et j’ai deux hommes dans chaque quartier qui n’ont d’autre soin que d’en faire donner sur ce pied-là à tous ceux qui en veulent ». Si ces mesures furent appréciées par la population, elles ne furent pas suffisantes car le pain manquait toujours.

Le 15 mai, le cardinal de Noailles ordonna un jeûne général dans Paris « pour implorer l’assistance du ciel dans les nécessités publiques » et le lendemain on mena en procession la châsse de sainte Geneviève, au milieu d’une affluence de peuple extraordinaire.

Auteur de la notice : Thierry Sarmant et Alice Camus
Salle : Réserve des estampes
Collection : Cabinet des arts graphiques
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© Musée Cernuschi