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Le Palais du Corps législatif (Palais-Bourbon) après sa dernière séance. Proclamation de la déchéance de l'Empire, le 4 septembre 1870

Le Palais du Corps législatif (Palais-Bourbon) après sa dernière séance. Proclamation de la déchéance de l'Empire, le 4 septembre 1870

Jules Didier et Jacques Guiaud

Musée Carnavalet - Histoire de Paris
1870-1871
Huile sur toile
Hauteur : 250 cm ; Largeur : 400 cm
P 1222

La fête impériale s’acheva en tragédie. Le 19 juillet 1870, la France déclara la guerre à la Prusse. Napoléon III et le prince impérial partirent pour l’armée tandis que l’impératrice Eugénie assumait la régence. Dans Paris, on criait : « À Berlin ! » Le 9 août, la nouvelle des premiers revers survenus dans l’Est provoqua des manifestations hostiles au régime ; le cabinet d’Émile Ollivier démissionna et céda la place à un gouvernement présidé par le comte de Palikao, désigné par l’impératrice. Le 2 septembre, l’armée française capitula à Sedan et l’empereur fut fait prisonnier. Le 4 septembre, Gambetta fit proclamer la déchéance de Napoléon III et de sa dynastie dans l’enceinte du Corps législatif envahie par la foule ; un peu plus tard, la République fut proclamée à l’Hôtel de Ville. Un « gouvernement de la Défense nationale », composé du général Trochu, gouverneur militaire de Paris, et des députés de Paris, siégea à l’Hôtel de Ville et lança aussitôt une proclamation « aux citoyens de Paris » : « La République est proclamée. Un gouvernement a été nommé d’acclamation. Il se compose des citoyens Emmanuel Arago, Crémieux, Jules Favre, Jules Ferry, Gambetta, Garnier-Pagès, Glais-Bizoin, Pelletan, Picard, Rochefort, Jules Simon, représentants de Paris. Le général Trochu est chargé des pleins pouvoirs militaires pour la défense nationale. Il est appelé à la présidence du gouvernement. Le gouvernement invite les citoyens au calme : le peuple n’oubliera pas qu’il est en face de l’ennemi. Le gouvernement est, avant tout, un gouvernement de défense nationale. » Le même jour, la mairie centrale fut rétablie. Son premier et unique titulaire fut Étienne Arago, qui démissionna dès le 15 novembre.

Le tableau de Jules Didier et Jacques Guiaud, peint quelques mois après l’événement, est le premier d’une série de trente-six toiles de très grandes dimensions commandées par un riche particulier, Alfred Binant, pour constituer une sorte de reportage historique du siège de Paris. Ces toiles furent exposées dans la galerie de Durand-Ruel dès 1871. Par leur composition, elles font penser aux dessins alors publiés dans les journaux, préludes aux reportages photographiques.

En dépit de ce parti pris affiché d’exactitude, cette Proclamation de la République n’est pas exempte d’intentions politiques. Au contraire de certains dessinateurs de presse, les peintres n’ont pas choisi de montrer l’envahissement de la salle du Corps législatif par les manifestants, mais le moment qui suit, celui où Jules Favre et Gambetta paraissent sous la colonnade pour annoncer la déchéance de « Louis-Napoléon Bonaparte » et de sa dynastie. On n’observe nulle violence. Bourgeois et ouvriers se côtoient paisiblement. C’est la Révolution dans l’ordre, une image rassurante de la République nouvelle.

Auteur de la notice : Thierry Sarmant
Salle : S.130 salle du Siège de Paris
Collection : Peintures
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