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La place Vendôme, le 29 Décembre 1855 : défilé des premières troupes de l’Armée d’Orient de retour de Crimée.

La place Vendôme, le 29 Décembre 1855 : défilé des premières troupes de l’Armée d’Orient de retour de Crimée.

Pierre Louis Foulley

Musée Carnavalet - Histoire de Paris
1855
Maquette
Hauteur : 45 cm ; Largeur : 248 cm ; Longueur : 135 cm
Pm 28

La place Vendôme, le 29 Décembre 1855 : défilé des premières troupes de l’Armée d’Orient de retour de Crimée.

 

Après la prise du fort de Malakoff, le 8 septembre 1855 par les zouaves de Mac-Mahon et l’évacuation par les Russes de Sébastopol, dont le siège depuis un an par la France, l’Angleterre et la Turquie fut levé, la guerre de Crimée était pratiquement terminée. Napoléon III, sans attendre la paix, qui ne fut conclue au Congrès de Paris qu’en 1856, rapatriait l’Armée d’Orient.

1855 avait été une année faste pour l’empereur. Les millions de visiteurs de l’exposition universelle, dont la reine Victoria, avaient pu constater la prospérité économique. Les grands travaux d’urbanisme commençaient sous l’impulsion du préfet Haussmann. L’empereur désirait célébrer cela par le défilé de l’armée d’Orient devant lui-même, son état-major et un grand concours de spectateurs. La Place Vendôme, siège de l’état-major de la place de Paris,: contenait la colonne d’Austerlitz ou de la Grande Armée, dite colonne Vendôme. L’architecte Gondouin donna le modèle de la colonne, copié sur celui de la colonne Trajane. Sur une âme de pierre, une spirale de bas-reliefs en bronze fondu avec le métal des canons ennemis, retrace la campagne de 1805, en 22 révolutions. Haute de 43 mètres, la colonne était surmontée d’une statue de l’empereur en Romain, par Chaudet, fondue lors des Cent Jours. Le petit caporal en redingote et bicorne par Seurre, fut mis en place par Louis-Philippe. En 1864, Napoléon III le fit remplacer par la statue à l’antique de Dumont.

Pierre Foulley, ancien capitaine de la garde nationale, et ancien militaire du premier empereur, avait eu à cœur de représenter ce moment d’unité nationale entre son armée et son souverain, par cette maquette qu’il offrit à Napoléon III en 1863.

L’ordonnancement architectural du à Hardouin-Mansart (1646-1708), de la place rectangulaire à pans coupés, aux façades uniformes rythmées de pilastres corinthiens  colossaux, aux ornements scrupuleusement rendus, permettait une mise en scène du pouvoir impérial. Le défilé des troupes victorieuses, la présence du peuple, est aussi un hommage rendu au vainqueur d’Austerlitz, fondateur de la dynastie, dont la statue en haut de sa colonne rappelle la présence symbolique. Le spectateur est situé à l’est, il a ainsi en face de lui Napoléon III et son état-major, passant en revue l’Armée d’Orient, devant le ministère de la justice, pavoisé ainsi que toute la place. A l’étage, sous un velum rouge, l’impératrice Eugénie et sa suite, ainsi que le corps diplomatique allié. Les trottoirs des amorces des rues de Castiglione et de la Paix, sont noirs de monde et les couleurs vives des tissus, les attitudes des soldats ou des spectateurs, font de cet événement une fête.

Auteur de la notice : Renée Davray-Piékolek
Salle : Salle Second Empire (129)
Collection : Maquettes et modèles d'architecture
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