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Henri Ier de Lorraine, troisième duc de Guise, dit le Balafré (1550-1588)

Henri Ier de Lorraine, troisième duc de Guise, dit le Balafré (1550-1588)

Anonyme

Musée Carnavalet - Histoire de Paris
Vers 1580
Huile sur bois
Hauteur: 60,3 cm Longueur: 48,5 cm
P 2096bis
Date d'acquisition: 17 juin 1975

La courte vie du troisième duc de Guise est un vrai roman. Né en 1550 de François Ier de Lorraine, qui fut déjà chef du parti catholique, et d’Anne d’Este, dont le père était Hercule II, duc de Ferrare, Henri se signala dès les combats de Jarnac et de Moncontour comme l’adversaire implacable des Huguenots. Il fut le principal instigateur du massacre de la Saint-Barthélémy, le 26 août 1572. C’est à la bataille de Dormans (1575), en arrêtant la marche vers Paris des protestants allemands, qu’il reçut à la joue gauche la blessure qui lui valu son surnom de Balafré (on la voit ici recouverte d’un morceau de cuir). Résolu à empêcher l’avènement d’Henri de Bourbon, prince calviniste, et ayant lui-même l’ambition d’accéder au trône de France, il prit la tête de la Ligue. Très populaire à Paris, il y entra le 8 mai 1588, malgré l’interdiction d’Henri III. À l’appel de la Ligue, le peuple se souleva en sa faveur lors de la journée des Barricades (12 mai). Bien que le Balafré l’ait laissé s’enfuir, Henri III résolut de se débarrasser de lui. Après avoir feint de se soumettre à la Ligue, il profita de la réunion des États-Généraux au Château de Blois pour l’y faire poignarder par ses gardes, le 23 décembre 1588. Ce portrait très expressif, qui a peut-être pour auteur François Quesnel, est une œuvre de propagande, comme le prouve un quatrain peint en capitales à la partie supérieure, et curieusement répété un peu plus bas en minuscules : « L’ON NE VEOID QUE LES TRAICTS DU VISAGE ET / DES YEULX / DU GUIZARD VALEUREUX EN CE PETIT ESPACE / SA GRANDEUR SON RINO [renom] SONT GRAVE DANS LE CIEULX / ENCORES PLUS AVANT QUE CE COUP SUR SA FACE ».
Le cordon de l’ordre du Saint-Esprit se détache sur l’habit noir du duc. Emergeant de l’immense fraise, prolongé par une barbe en pointe, le visage est maigre, racé, avec un regard dur et dominateur ; mais il est certain que le Balafré savait aussi charmer, ce qui contribua à sa popularité.

Auteur de la notice : Bernard de Montgolfier
Salle : Salle 8
Collection : Peintures
Mode d'acquisition : Achat en vente publique
Référence(s)

Paris au XVIe siècle et sous le règne d’Henri IV, bulletin du musée Carnavalet n°1 et 2

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