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Arrestation du roi et de la famille royale à Varennes le 22 juin 1791

Arrestation du roi et de la famille royale à Varennes le 22 juin 1791

Jean-Louis Prieur
(1759 - 1795)

Musée Carnavalet - Histoire de Paris
Mine de plomb, estompe, rehauts de craie et d'encre noires
Hauteur : 20,6 cm Longueur : 26,4 cm
D7734

Au printemps 1791, le roi se décida à s'enfuir de Paris, déguisé en valet. Lui et les siens prirent la direction du nord-est, pour rejoindre des troupes fidèles ou passer en territoire autrichien. Malgré l'organisation minutieuse de l'évasion, l'énorme berline accumula les retards, manquant les cavaliers qui devaient la protéger et qui, croyant à un contre-ordre, s'étaient dispersés pour ne pas donner l'alarme.
Le drame se noua à partir de Sainte-Menehould, où le maître de poste crut reconnaître le roi. La nouvelle de sa fuite le poussa à rattraper la voiture et à la faire arrêter par les autorités de Varennes. Installée dans la boutique de l'épicier Sauce, la famille royale fut rejointe par les émissaires de l'Assemblée, envoyés à sa recherche, cette défection du chef de l'État pouvant engendrer une guerre civile. L'émoi était donc à son comble et une foule énorme entourait la maison où Louis XVI se restaurait. Très remontée, et armée, elle s'opposait à ce que le roi continuât sa route, et celui-ci finit par accepter de revenir à Paris. Mais son image ne s'en remettra jamais, et Varennes peut être considéré comme un tournant de la Révolution.
Ce dessin de Prieur est l'un des plus forts de son œuvre. De manière extrêmement dramatique - l'action se déroule d'ailleurs comme sur une scène de théâtre -, il montre l'irruption de la Révolution, reconnaissant et accusant le roi parjure. De fait, c'est surtout l'attachement à cette Révolution et la volonté d'en défendre les acquis, avec pour corollaire l'obsession du complot, qui ont empêché le succès de l'entreprise. À l’inverse de la plupart des dessins de Prieur L’arrestation du roi à Varennes n’est pas un document de « première main ». L’artiste dut faire appel à divers témoignages, récits oraux ou écrits, et s’inspirer de gravures d’époque. Malgré le poids des modèles classiques, l'œuvre est si expressive et si magistralement construite qu'elle inspirera le fameux lavis de Gérard illustrant le 10 Août exposé au Salon de l'an 11.

Auteur de la notice : Roselyne Hurel
Salle : Cabinet des arts graphiques
Collection : Cabinet des arts graphiques
Mode d'acquisition : Dépôt du musée du Louvre au musée Carnavalet en 1934
Référence(s)

La révolution française, Le premier empire, dessins du musée Carnavalet, édité par les amis du musée Carnavalet, 1988.

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